Casa V, Monterrey
Projet d'extension en plusieurs étapes d'une demeure unifamiliale
2012 et 2019
Le projet d’agrandissement de la maison, située près d’un parc dans un quartier de maisons privées au Mexique, sert d’exemple pour l’application des cinq règles du Weiterbauen (c’est‑à‑dire la « construction continue » en allemand). Le Weiterbauen est compris comme une méthodologie de projet et a été développé par les architectes suisses Elisabeth et Martin Boesch, professeurs de réutilisation architecturale à l’Académie d’architecture de Mendrisio, en Suisse. Ils définissent eux‑mêmes le Weiterbauen comme la « construction [du projet architectural] selon les règles de l’existant, en les interprétant avec précaution ». Les cinq règles sont les suivantes :
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L’identité du bâtiment existant doit être renforcée.
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Pour chaque question, il faut chercher la réponse d’abord dans le catalogue des éléments et des règles qui définissent l’architecture de l’existant.
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Si le point 2 ne fournit pas de réponse, celle‑ci doit être élaborée à partir de la logique interne de l’architecture du bâtiment existant.
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Chaque réponse doit être élaborée selon ces règles du jeu. Les exceptions exigent des arguments. Les automatismes créatifs et les clichés doivent être abandonnés.
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Le doute est un fidèle compagnon.
L’agrandissement a été réalisé en plaçant le nouveau programme dans les parties supérieures des constructions existantes et en allongeant l’aile sud de la maison, ce qui forme une cour intérieure centrale. Cette cour fonctionne comme une articulation spatiale qui connecte horizontalement et verticalement les espaces communs de toute la maison. Les trois générations d’habitants profitent ainsi du fait d’être ensemble, sous un même toit unificateur.
Ces espaces ont été définis à partir d’éléments architecturaux présents dans le catalogue des éléments et des règles du bâtiment existant, parmi lesquels :
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un jeu de volumes exprimant les différentes parties du programme et leurs imbrications spatiales ;
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le système constructif servant à la fois de structure pour la couverture et de délimitation spatiale ;
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une dalle plate en béton armé, permettant l’usage de sa partie supérieure ;
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des murs en maçonnerie percés de fenêtres dotées d’un encadrement architectural protégeant du soleil sur les façades les plus exposées ;
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de grandes baies vitrées ouvrant l’espace intérieur vers l’extérieur sur les côtés donnant sur le parc et plus protégés du soleil.
L’espace du jardin existant cède sa place au rez‑de‑chaussée pour permettre davantage d’air et de lumière, et il est déplacé vers les parties supérieures de la maison agrandie (voir la photo de la maquette). Il se compose de deux parties. La première développe un couloir‑pont végétalisé depuis la chambre des parents jusqu’à l’extrémité de la parcelle. Là, un espace plus ample s’ouvre, où la piscine trouve l’emplacement le plus approprié de la maison. Depuis la terrasse du troisième étage, un escalier mène au jardin suspendu de la maison. Ce jardin domine la maison et le voisinage, et permet de profiter de la vue sur le parc et sur le panorama plus lointain des montagnes. La végétation, abondante, adaptée au climat et de grande hauteur, permet de voir sans être vu et demande peu d’entretien.
Le troisième étage est l’endroit le plus calme et le plus polyvalent de la maison. Par conséquent, c’est le meilleur emplacement pour l’appartement d’Abuelita. Depuis son séjour, elle reste en contact avec tout le monde grâce au patio central de la maison. Par ailleurs, l’ascenseur la conduit depuis le garage directement à son appartement, de sorte qu’elle puisse profiter de cet espace privilégié, en hauteur, sans aucune difficulté. La chambre d’Abuelita se trouve dans un espace en retrait. Au même niveau se trouve un autre espace commun : la salle de sport de la maison. Grande, lumineuse, très ouverte, elle donne sur le parc du quartier. Grâce à sa terrasse, la salle de sport permet à toute la famille de faire de l’exercice à l’intérieur comme à l’extérieur, individuellement, en groupe ou tous ensemble.


